06/01/2017

5.3.2 dans les médias - concernant les idolâtres de Napoléon

From: "Ronano"

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Sent: Tuesday, December 27, 2005 6:47 PM

Subject: Napoléon, despotes éclarés et droit divin

 

 Philippe Ramona avait prétendu: Ne pas célébrer Austerlitz, c'est juger un événement historique (la victoire militaire de l'armée française sur les armées russes et autrichiennes dans un contexte de lutte européenne entre les monarchies de droit divin et un Empire qui reste d'inspiration démocratique) en fonction d'un autre événement qui n'a aucun rapport avec celui là (le rétablissement de l'esclavage par Napoléon dans les colonies restées françaises). Tout faux. L'Empire d'"inspiration démocratique", c'est quand même assez fort... Une façon pernicieuse de dire qu'il s'agissait d'un régime  antidémocratique, et qui avait succédé à un régime relativement démocratique, en le renversant. A la limite, le régime de Vichy serait davantage "d'inspiration démocratique", dans la mesure où c'est bien l'Assemblée nationale qui a voté les pleins pouvoirs à Philippe Pétain en 1940. Ensuite, la lutte de Napoléon était loin, très loin de l'opposer à des  "monarchies de droit divin". Passons sur l'amalgame entre empires et monarchies et venons-en au  "droit divin": c'était justement une notion déjà rejetée par les "despotes éclairés" une ou deux générations précédant Napoléon:  Frédéric II en Prusse, Marie-Thérèse et Joseph II en Autriche, Catherine II de Russie... Dans ces états, le droit divin est rejeté au profit de la revendication d'exercer un pouvoir selon un  "contrat social", un ensemble de droits et de devoirs envers le peuple.  

Cela n'empêche en rien ces régimes d'être autoritaires, inégalitaires et proches des clergés, mais l'autorité n'est pas exercée au nom de  Dieu. Cela se traduit aussi par une certaine liberté de conscience: par exemple en Autriche, la tolérance religieuse vis-à-vis des confessions minoritaires (Juifs, protestants) est reconnue en 1781; parallèlement, l'Eglise catholique est subordonnée à l'Etat. Au contraire, Napoléon se fera sacrer empereur en 1804 en appelant le pape Pie VII dans la cathédrale de Notre-Dame-de-Paris, à la manière des rois francs, qui prétendaient exercer l'autorité par délégation sur Terre de l'autorité divine. Quant à la tolérance religieuse, Napoléon est également un profond réactionnaire. comme le rappelle cet extrait de l'excellent texte: "Napoléon, le mythe et la réalité" posté le 12/12/05 sur fr.soc.histoire: "Au nom de ses principes, la Révolution avait fait des français de  confession israélite - pour la première fois dans la longue histoire de la diaspora juive en France - des citoyens à part entière. Napoléon, par les quatre décrets anti-juifs de 1808 les replace dans une situation de citoyens entièrement à part. Ces textes, rarement cités par les historiographes officiels, n'ont rien à envier à ceux de l'Etat Français de 1940. Professions interdites, recensement avec établissement de listes, limitation drastique du droit à résidence et des lieux de culte, spoliations et expulsion de l'Empire français en cas de manquement : à part le port de l'étoile jaune, rien n'y manque." Les idolâtres de Napoléon, et qui prétendent en même temps se réclamer des principes démocratiques et laïques, font preuve encore de nos jours d'une consternante schizophrénie.

 

Ronano

 

(la Pyramide à Austerlitz)

 

00:04 Écrit par justitia & veritas | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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