18/12/2016

5.3.3.2 Réactions contre le fanatisme napoléonien dans certaines 'compagnies' de marcheurs en Entre-Sambre-et-Meuse (chose inconnue ailleurs en Belgique et dans 7 autres pays d'Europe)

Claude Mouchet, in: Le Marcheur de l’Entre-Sambre-et-Meuse, 140, 1996, p.7

NOIR-JAUNE-ROUGE (Suite)

 

C'est avec une grande satisfac­tion que j'ai lu l'article de monsieur Marc Moreau. Avec lui, nous constatons que, dans l'ave­nir, à quelques exceptions près, il n'y aura plus au sein de notre asso­ciation que des Marches du premier empire défilant avec en tête le dra­peau bleu-blanc-rouge. Comme l'écrit monsieur Moreau, il est bon de rétablir la vérité histo­rique en rappelant que les Marches authentiques sont les dignes succes­seurs des milices rurales qui avaient pour mission d'escorter les proces­sions et protéger les pèlerins. Nous savons que certains préten­dent que les Marches perpétuent le souvenir de l'épopée napoléonienne. Nous répondons que s'il est vrai que des jeunes gens de nos régions servi­rent l'aigle impériale, il faudrait ajouter pour être juste que ceux-ci furent enrôlés de force et que pour éviter la conscription beaucoup de mariages «blancs» furent célébrés dans notre pays.

Certes nous sommes des Wallons francophones, mais nous devons prouver notre fidélité envers notre roi et la Belgique en routant padrî l' drapia noir-jaune-rouge et présen­ter les armes pendant La Brabançon­ne.

Que je suis fier d'être un Marcheur de la procession militaire de la Saint-Pierre de Morialmé !

 

 

Claude Mouchet,  Marches napoléoniennes, in : Le Patriote morialmétois, 7, 1992, p.2 (Compagnie Royale Les Patriotes (Morialmé))

 

Les Français qui occupent nos régions de 1793 à 1815 (République et Empire)  n'y laissent pas que de bons souvenirs:  un grand  nombre d'abbayes, églises et de châteaux furent incendiés par les Sans-culottes fanatiques.

Après la défaite de Waterloo (1815), les marches renaissent, non plus sous la forme  de  serments,   mais  sous  celle de  compagnies  "militaires", d'escortes prestigieuses destinées à rendre honneur au Christ, à la Sainte-Vierge ou aux saints.

Parlait-on déjà de folklore à cette époque? Devait-on revêtir un costume d'archer, d'arquebusier ou de mousquetaire? Certains eurent l'idée de se revêtir d'uniformes de l'armée impériale que leurs propriétaires avaient volontairement abandonnés à la frontière française. Ces uniformes, il faut le dire, étaient prestigieux, et, habillés de la sorte, les premiers marcheurs rendaient donc magnifiquement les honneurs.

Il est donc tout à fait normal que les soldats des marches reconstituées dans les années 1820 marchent en "premier empire".

A Morialmé, la marche fut ressuscitée en 1854 à la suite, qui ne le sait au village, d'une promesse faite à saint Pierre par le curé Beguin pour que l'apôtre débarrasse les morialmétois de la fièvre délétère, fièvre des marais. Si cette année-là, on marcha en sarraus, dès l'année suivante, on se mit au goût du jour en adoptant les costumes des sapeurs, grenadiers et chasseurs; ces derniers furent remplacés par les zouaves en 1861. Il est donc tout à fait normal que nous marchions en "second empire".

 

(p.4) Costumes

 

En  1855,  les habitants de Morialmé forment une compagnie assez semblable à nos deux compagnies d'aujourd'hui. Elle est composée d'un peloton de sapeurs, de tambours, d'une musique, d'un peloton de grenadiers et d'un peloton de chasseurs.

 

Les  sapeurs  sont  des  soldats   du   Génie;   on  les  appelle  aussi "sapeurs-ouvriers d'art', ils marchent en tête du régiment et ont pour mission de préparer les routes. Leur équipement et leur armement ont fortement évolué depuis leur création (+-1810): le tablier à dentelles garni de floches tricolores a remplacé le tablier de cuir; la hache de parade a remplacé la longue et lourde hache d'une hauteur totale d'un mètre; le pantalon bleu a fait place au pantalon blanc.

Les grenadiers:  ce sont des grenadiers belges,  très proches des grenadiers français du second empire (1852-1870). Les chasseurs, eux étaient les seuls véritables soldats habillés en "premier empire";  ils formèrent un peloton  dans la  compagnie de Morialmé de 1855 à 1860.

Les zouaves portent l'uniforme des zouaves français dont le régiment fut crée en Algérie en 1831; leur apparition dans la compagnie de Moriamé rappelle le souvenir de deux habitants de chez nous qui combattirent dans les rangs des zouaves pontificaux, créés pour défendre les Etats de l'Eglise convoités par le roi d'Italie en 1861. Un de ces deux hommes était Arthur DE BARE qui habitait le château d'Orêt-Mont (aujourd'hui château VAN DELFT).

 

 

 

 

Morialmé, un village sans histoire, PP? 28/2/1980

 

“Selon Claude Mouchet, c’est à tort que l’on croit

que cette marche perpétue le souvenir napoléonien. 

16:56 Écrit par justitia & veritas | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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